Pour une ville inclusive pour bien vieillir demain en ville

Saint-André-de-l'Eure (27220)

DIAGNOSTIC

En 2050, selon l’INSEE, plus d’un quart de la population française sera âgée de 65 ans ou plus. Pour une grande partie de ces français se poseront alors de nombreuses questions : Comment allons-nous vieillir ? Mon logement actuel est-il adapté ? D’autres solutions s’offrent-elles à moi ? En quoi consisteront mes déplacements quotidiens ?

Nous savons qu’aujourd’hui les établissements d’accueil seniors (type EHPAD ou résidence-autonomie) ne répondent pas aux besoins des nouvelles générations de seniors qui vivent en bonne santé plus longtemps et qui n’aspirent pas aux mêmes modes de vie que leurs aînés. Quels habitats imaginer quand rester chez soi n’est plus possible et que l’entrée en maison de retraite n’est pas envisageable ? Et à l’échelle de la ville, comment concevoir des espaces urbains inclusifs pour cette population vieillissante aux nouvelles ambitions ?

Les personnes âgées sont une population hétérogène. En tant que concepteurs de la ville, nous devons imaginer des typologies d’habitats et d’environnements urbains variés afin de s’adapter aux projets de vie différents. Ces nouveaux modes d’habiter doivent correspondre au parcours résidentiel souhaités. En effet, les seniors ont le droit d’anticiper et de faire leurs propres choix en douceur, afin de “rester maîtres de leur vie”.
Les solidarités familiales ou de proximité existantes sont des opportunités à réactiver afin de réduire le sentiment d’isolement, bien trop présent chez nos seniors, ainsi que les encourager à prendre une part active dans la vie de la cité.

BIEN VIEILLIR A SAINT-ANDRE-DE-L'EURE

Cet appel à idées permet de contextualiser la problématique des lieux de vie des seniors sur le territoire normand, et plus précisément sur la commune de Saint-André-de-l’Eure (27). Il est donc question pour nous d’apporter une réponse territorialisée.
La commune de Saint-André-de-l’Eure compte 4 100 habitants. Elle est composée d’un bourg historique, de zones pavillonnaires, de zones agricoles, d’une grande surface en périphérie. La commune est multi-polarisée : à la croisée de plusieurs influences territoriales.

Échelle du territoire : jusqu’à 60 min de transport vers les grand pôles administratifs
La ville de Rouen à 75 km exerce l’influence administrative de la région Normandie ainsi que dans le domaine de l’enseignement supérieur (Université de Rouen Normandie). Mantes-la-Jolie à 45 km, relie au bassin d’emploi de la région parisienne via les transports : Transilien et futur RER du Grand Paris. Ces deux points sont l’accès vers des pôles métropolitains comme le territoire francilien ainsi qu’à l’international.

Échelle du grand paysage : jusqu’à 30 min de voiture vers les grand bassins d’emplois
La métropole d’Évreux, à 20 km au nord, est la plus proche. Son bassin d’emploi, de consommation, de divertissement, d’enseignement supérieur (à partir du lycée) crée de l’attractivité pour les habitants de Saint-André-de-l’Eure. Elle dépend, en effet, de la même communauté d’agglomération : Évreux Portes de Normandie. Dreux, à 25 km au sud, son bassin d’emploi, de consommation, de patrimoine, ouvre sur la région Centre-Val de Loire et dans une moindre mesure, la ville de Chartres à 60 km.

Échelle du piéton : jusqu’à 30 min de marche
À l’échelle de la commune, le centre-bourg se concentre sur un rayon de 150 m autour de la place du Chamoine Boulogne. Cette centralité exerce une influence forte vis-à-vis des petits bourgs alentour, de part les nombreux commerces, le centre médical, le tissu associatif qu’elle contient. Ce rayon de 150 m est un atout majeur de la commune car il réunit sur cette zone les principaux services et commerces. La commune jouit d’un maillage d’enseignement de la petite enfance au collège, d’un tissu médical bien entretenu et d’un bourg de commerces de proximité actif.

Ces constats nous poussent à vouloir développer la spécificité d’une ville péri-urbaine en connectant tous ces services. En amplifiant l’intergénérationnel et en diversifiant l’offre d’habitat pour que les populations trouvent ici du bien-être à tout âge de la vie.

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PERSONAE DES ANDRESIENS, REFLETS DES ENJEUX SOCIAUX

Afin d’identifier au mieux les besoins et de contextualiser les nouveaux usages de ce projet, nous avons créé des personae. Ce sont des “portraits robots” d’habitants du territoire, créés à partir de rencontres (lors de la visite) et de données INSEE analysées (âges, catégories socioprofessionnelles, typologies des ménages, lieu de travail ,etc.). Ils permettent à tout moment du projet de confronter les solutions envisagées aux besoins identifiés. Ces personae permettent de s’écarter de l’intérêt particulier, de répondre à des besoins de groupes d’usagers tout en défendant l’intérêt général des générations à venir. À chaque âge de la vie, des moments clés, des aspirations et une relation différente au vieillissement, qui se traduisent par des besoins et envies singulières.

1re GÉNÉRATION
C’est l’âge de la construction de soi, de la découverte, de l’apprentissage, de l’énergie débordante. C’est le cas de Hugo, Loelia et Enzo, respectivement 7, 12 et 16 ans, frères et soeurs et habitant à Saint-André-de-l’Eure depuis toujours. Ils représentent une part importante des Andrésiens (26 % de la population a moins de 20 ans, selon l’INSEE en 2016). Ils souhaitent plus de dynamisme dans leur commune comme des ateliers le mercredi, du soutien scolaire, des activités adaptées à leur âge. Les plus jeunes souhaitent pouvoir profiter de leurs grands-parents.

2e GÉNÉRATION
C’est le temps du projet de vie famille, celui où l’on élève ses enfants, où ses aspirations professionnelles éloignent du lieu où l’on a grandi pour se retrouver dans un bassin d’emplois plus attractif. 38 % des Andrésiens ont entre 20 et 50 ans. C’est le cas de Thibault qui a grandit à Saint-André-de-l’Eure. Il vit aujourd’hui avec sa famille à Dreux mais sa mère, Danielle, vit toujours sur la commune. C’est également le cas de Soizic qui habite un hameau autour de la commune avec son mari et ses trois enfants, et dont la mère âgée réside loin. Ils souhaitent des habitats temporaires pour profiter de moments avec leurs aînés tout en préservant l’indépendance et l’intimité de chacun.

3e GÉNÉRATION
C’est celui de la découverte de la retraite, de ce nouveau temps libre, ce temps où l’on apprend à développer un autre pan du projet de sa vie. C’est le cas d’Adeline et Jean-Marc qui représentent les 26 % des Andrésiens de 50 à 75 ans. Bien que toujours actifs, ils se préparent à vieillir ensemble à Saint-André-de-l’Eure. Leur logement actuel est trop grand suite au départ de leurs enfants. Ils souhaitent se rapprocher d’un mode de vie plus solidaire sans pour autant vendre leur propriété par attachement et volonté de transmission d’un patrimoine à leur enfants. C’est le cas également de Françoise, à la retraite depuis peu, qui habite à Caen. Elle affronte la problématique de son père âgé, Jacques, habitant sur Saint-André-de-l’Eure. Cela l’interroge sur son propre vieillissement. Danielle, la mère de Thibault, vit seule dans sa maison. Elle aimerait une solution adaptée à sa légère perte d’autonomie sans pour autant perdre son indépendance. Ils souhaitent des habitats et dispositifs permettant de partager des loisirs liés à ce nouveau temps sans être stigmatisés dans une catégorie. Ils aspirent à garder une grande liberté d’entreprendre leurs choix de vie.

4e GÉNÉRATION
Il arrive un âge où l’on perd en autonomie, où le champ d’action se réduit, où l’on vous décrit par un niveau de GIR pour définir votre dépendance. 10 % des Andrésiens ont 75 ans ou plus. C’est le cas de Jacques, 92 ans, qui a toujours habité à Saint-André-de-l’Eure dont le placement en EHPAD semble être la solution. Pourtant sa fille Françoise aimerait se rapprocher de lui pour l’aider. Ils souhaitent ne pas être exclu des dispositifs sous prétexte de leur tutelle.

UN PROJET DE VILLE INCLUSIVE

Bien vieillir en ville demain, c’est construire aujourd’hui des villes “age-friendly”, qui incluent les populations seniors et leur redonnent une place de citoyen à part entière. “Pouvoir me déplacer aisément dans un cadre urbain adapté, habiter un logement qui me correspond, m’impliquer dans la vie de mon quartier, font de moi un citadin comme les autres.” C’est autour d’un parcours qui interroge trois enjeux - l’habitat, l’urbain et les relations sociales - que nous avons axé notre proposition pour “bien vieillir à Saint-André-de-l’Eure”.

L’URBAIN : Par la réactivation du parcours piéton connectant les différents pôles du bourg, nous invitons à marcher à tout âge de la vie.
L’HABITAT : Par la création de programmes variés d’habitation, en complément de ceux existants, nous permettons un parcours résidentiel choisi et cohérent pour chaque personne et à chaque moment de la vie.
LES RELATIONS SOCIALES : Par la conception d’espaces publics couverts ou à ciel ouvert, propices aux rencontres et événements, nous soutenons le riche milieu associatif de la commune.

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LE PASS.S, LE PARCOURS SANTE SENIORS DE SAINT-ANDRÉ-DE-L'EURE, UN PARCOURS URBAIN RYTHME ET SENSORIEL

L’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé recommande 30 minutes de marche rapide par jour. Partant de cette préconisation, nous avons fait le choix d’insister sur la marchabilité du bourg, à destination notamment des populations fragilisées. « L’activité physique ralentit les changements physiologiques liés à l’âge, améliore la santé des personnes âgées dans ses dimensions physique, sociale et psychique et contribue à la prévention des pathologies chroniques liées à l’âge » Prescription d’activité physique et sportive : Les personnes âgées - Haute Autorité de Santé - Juillet 2019

Nous avons fait le choix de réactiver les cheminements doux existants tout en créant de nouveaux pour multiplier les destinations et les provenances des flux quotidiens. Le but est de connecter les différents pôles d’attractivités du bourg (commerces, services) et de les mettre en lien avec les programmes d’habitation (nouveaux et existants). L’idée est d’intégrer ces 30 minutes d’activité physique conseillées dans les trajets du bourg afin d’inciter les Andrésiens à parcourir leur ville de manière active. Chaque déplacement correspond à but, aller vers un commerce ou un service, tout en s’exerçant de manière passive.

Le parcours a été pensé pour qu’il y ait un point d’intérêt tous les 300 m. Ces intervalles correspondent à 6 minutes de marche pour une personne en GIR 6 et 12 min pour une personne en GIR 5 et 4. Le GIR est le niveau de perte d’autonomie d’une personne âgée.Il existe 6 niveaux de perte d’autonomie : le GIR 1 est le niveau de perte d’autonomie le plus fort et le GIR 6 est le niveau de perte d’autonomie le plus faible. Au-delà du GIR 4, les personnes doivent être accompagnées dans les tâches quotidiennes. Les ponctuations du parcours permettent de faire une pause tout en permettant de stimuler les facultés cognitives des marcheurs. Une série de dispositifs sensoriels est disséminée sur le parcours du bourg. Les sens y sont mis en éveil : l’odorat, le goût, la vue, l’orientation. Ainsi, chaque personne adapte son parcours en fonction de ses capacités physiques, besoins ou envie pour travailler le corps et l’esprit : mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain).

La marchabilité de l’espace public crée le plaisir de parcourir, flâner et de se retrouver. On s’active, on se projette, on participe.

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UNE PLURALITÉ DES MODES d'HABITER

Le long de ce parcours, nous avons choisi d’offrir sur des parcelles identifiées de nouveaux modes d’habiter à destination des populations fragilisées. La pluralité de programmes sur le territoire ne questionne pas seulement le mode d’habiter à l’âge de la retraite mais les formes d’habiter à tout âge de la vie. La société évolue, les modes de vie et les organisations familiales également. Le projet résidentiel doit suivre les projets de vies. Nous devons offrir des cadres de vie où chacun peut être acteur, maître et citoyen de son avenir.
C’est sur trois réciprocités sociales - l’intergénérationnel, l’interdépendance, l’inter-services - que nous avons axé nos propositions pour recréer du lien entre les générations à Saint-André-de-l’Eure.

L’INTERGÉNÉRATIONNEL : Par la réactivation d’habitats familiaux où les générations s’entraident.
L’INTERDÉPENDANCE : Par la création de communautés solidaires où les populations fragilisées recréent du lien.
L’INTER-SERVICES : Par la conception d’un lieu multifonctionnel où l’offre associative et d’habitat est flexible et évolutive en fonction des besoins.

DES PROGRAMMES ANNEXES POUR ACCOMPAGNER LA DYNAMIQUE
L’EHPAD ET LE CENTRE MÉDICAL
La fin de vie ne doit pas être écartée du parcours résidentiel. Souvent perçu comme un programme aliénant, il est complémentaire dans la perte d’autonomie. Le PASS.S propose d’inclure dans le parcours piéton du bourg l’EHPAD et le centre médical, afin de reconnecter ces lieux de vie et de service au reste de la ville. Les ateliers sont par la domotique en contact permanent avec les professionnels. Les résidents peuvent participer aux activités sur le parcours : l’hôpital hors les murs.

L’ACCUEIL FAMILIAL DANS LES QUARTIERS PAVILLONNAIRES
L’accueil familial est un dispositif permettant à une personne âgée et/ou handicapée, moyennant rémunération, d’être accueillie au domicile d’un accueillant familial. La personne accueillie signe avec l’accueillant un contrat fixant les conditions matérielles, humaines et financières de l’accueil. La personne accueillie peut bénéficier d’aides sociales et fiscales. C’est avant tout un dispositif pour des personnes qui ne sont pas encore prêtes à partager une communauté ou à aller dans un établissement spécialisé.

LA GESTION LOCATIVE DANS LE BOURG
Les ménages à la retraite ont, pour une grande partie d’entre eux, des revenus modestes . Ils sont pourtant pour la plupart propriétaires de leur résidence principale, dont ils ne souhaitent généralement pas se séparer pour des questions d’attachement et de transmission de patrimoine. Or, ces propriétés sont une source de revenu potentielle. Des partenariats avec les agences locatives du bourg pour mettre leur bien en location, permettrait de prendre en charge une partie des frais de résidence dans un logement adapté, et ainsi accéder à des services dédiés à leurs besoins.

DES PAVILLONS À DENSIFIER
Les tissus pavillonnaires sont peu considérés comme des territoires potentiels de densification. Pourtant, en densifiant les parcelles existantes, nous pourrions répondre au enjeux du vieillissement de la population en offrant les moyens aux retraités d’obtenir des revenus supplémentaires (par exemple, la création de studios à louer afin de pouvoir financer l’adaptabilité de son logement). Ce mode de construction permet de recycler la ville en apportant une nouvelle offre immobilière et en recréant du lien entre les personnes. En effet, des solidarités de proximité sont à créer. La densification du pavillonnaire relève d’une dimension sociale et d’intérêt général vecteur d’une nouvelle économie.

Image de couverture du projet Pour une ville inclusive  pour bien vieillir demain en ville
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SÉQUENCE 1 : Place du Chamoine Boulogne
On réactive des potentialités de la place, déjà riche d’activités commerçantes et de services. On dispose de petits “îlots de convivialité ” autour des bancs publics existants, afin de créer des points de rencontre, d’attente et de fraîcheur . La création de bancs en vis-à-vis a pour objectif d’augmenter les dispositifs déjà établis, en permettant des interfaces conviviales face aux commerces. Les pieds d’arbres existants sont plantés afin de végétaliser de manière ponctuelle cette place très minérale.

SÉQUENCE 2 : Le Labyrinthe
Ce labyrinthe urbain permet de solliciter les facultés cognitives grâce à un parcours de plantes parfumées et des aromates. Le but est de mettre en éveil l’odorat et la vue, de faire travailler la mémoire avec la disposition d’une variété d’essences: le chèvrefeuille, l’oranger du Mexique, le daphné, les roses anglaises, le mimosa 4 saisons. Des plantes qui fleurissent à périodes différentes, pour que l’espace propose une palette chromatique et odorante renouvelée à chaque saison, et vive en dehors de la période estivale. L’exploration spatiale, le travail d’orientation agissent également comme stimulateurs cognitifs.

SÉQUENCE 3 : le Verger Inchakoff
Le verger est un jardin public comestible, qui offre une expérience gustative et participative aux andrésiens. Des arbres fruitiers sont mis à disposition du public, et un potager participatif prend place au sol. Les murs d’enceinte sont ouverts et les fenêtres de la maison existante sont réhabilitées en vitrine pour exposer les oeuvres d’artistes (Bernard Inchakoff, artiste local), afin de reprogrammer le bâtiment existant en déshérence. L’espace sera géré par l’association déjà existante de jardins familiaux : Les Jardins Andrésiens.

SÉQUENCE 4 : l’Aire de jeux partagée
Cette aire de jeux positionnée au carrefour entre écoles, salles associatives (foyer des anciens) et la future Maison France Service, est un espace public ludique, où se croisent différentes générations. On tire parti de l’existence d’une aire de jeux pour enfants pour l’élargir vers une aire de jeux pour tous. Des surfaces à escalader côtoient des jeux sur table (jeux d’échecs, de backgammon, etc.) afin qu’activité physique et activité cognitive soient réunis. La disposition de bancs circulaires permet des espaces de repos et de surveillance des plus jeunes.

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LA DEMEURE : une maison familiale

Le site choisi se trouve sur l’ancienne boucherie à l’angle de la rue du Chamoine Boulogne et la rue d’Ivry en plein centre-bourg. Les actifs ont quitté les centre-bourgs péri-urbain au profit d’habitat plus proche des bassins d’emplois. Nous croyons pourtant que l’habitat de centre-bourg offre des réponses aux besoins des familles d’aujourd’hui : proximité des commerces, des services, des écoles... La Demeure s’appuie sur les solidarités familiales existantes.

Ce programme comprend au sein d’un même foyer, quatre logements correspondant à : une personne âgée en perte d’autonomie au rez-de-chaussé, deux familles sur les étages supérieurs et un jeune actif en début d’indépendance disposant d’une chambre équipée au dernier étage.

Ce projet de 200 m2 d’habitat plus 50 m2 de fond de commerce donnant sur la rue principale est un montage sous forme de société civile immobilière privée qui pourrait être l’activité d’une des familles.
Les habitants de la maison partagent la cuisine et le salon, pièce centrale sous la forme d’un patio qui liaisonne l’ensemble des étages. Une cour plantée, un garage et un potager sont également communs pour que de nombreux moments de convivialité naissent dans cette maison au fil de la journée, des saisons, de la vie. : grands repas en intérieur ou extérieur, après-midi au jardin d’hiver, soirée télé ou soirée étoiles filantes sur la rampe paysagère, moment d’échange sur le jardinage entre grands-parents et petits-enfants…

Pour accéder aux différents étages de la demeure, une large rampe est imaginée. Elle est travaillée de manière à ce qu’elle s’intègre dans la continuité de la cour plantée. La rampe permet aux personnes âgées, ou handicapées, ainsi qu’aux enfants en poussette ou trottinette de s’approprier facilement la montée dans cadre agréable. Cette rampe est la colonne vertébrale du projet. Afin de répondre au besoin d’intimité, deux terrasses prolongent les espaces des deux logements les plus grands.

Enfin, le commerce de détail de 50 m2 au rez-de-chaussé, espace de travail quotidien du propriétaire (profession libérale ou commerçant de détail) est inclus dans le volume de la maison pour combiner vie professionnelle et vie familiale de proximité.

Ce projet de quatre générations sous un même toit entraîne de facto une interdépendance entre les familles. Cela recrée du lien : les grands-parents gardent les petits-enfants, les enfants aident leurs aînés pour certaines tâches du quotidien... et surtout évite l’isolement.

Image de couverture du projet Pour une ville inclusive  pour bien vieillir demain en ville
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LA COMMUNAUTÉ SOLIDAIRE : vivre ensemble

Le site Gouéry, entre la rue Dubois et le boulevard de Verdun, est idéalement situé pour accueillir un public extérieur véhiculé et les enfants des écoles à proximité pour des activités temporaires. Ce programme combine de l’habitat seniors et de l’habitat familial au sein de six maisons, totalisant 2000 m2 d’habitat et 100 m2 de service. Dans chaque maison vivent une famille et cinq seniors.

S’appuyant sur la méthode Montessori, « aide-moi à faire seul », il s’agit ici de permettre aux personnes âgées de vivre en autonomie au sein d’une communauté. Le principe de colocation leur permet de rester actif dans les tâches du quotidien tout en gardant des liens sociaux forts. Au rez-de-chaussée de chaque maison, se situent les studios des personnes âgées et les espaces communs et mutualisés. Chaque personne bénéficie d’un studio et peut donc vivre, si elle le souhaite, avec une certaine autonomie vis-à-vis de la communauté.

Le service est à la carte, allant du 18m2 au 50m2 individualisé. À l’étage, les logements de la famille accompagnante et un studio supplémentaire, servant à l’accueil temporaire d’une personne, par exemple un membre de la famille des résidents. La famille accompagnante est là pour organiser, aider et gérer le lieu. L’un des membres est rémunéré.

Les espaces communs et mutualisés se composent d’un grand espace agrémenté d’une véranda, où l’on retrouve cuisine, salle à manger et salon. Un jardin paysager est également commun aux habitants de chaque maison, pour faciliter les relations inter-maison. C’est une architecture du réconfort tournée vers l’intérieur, la proximité, l’entraide. Attenante aux six maisons, une conciergerie est à disposition des habitants, où une laverie et un séchoir sont mutualisés.

Le site dispose d’un parc arboré donnant sur la rue des Écoles. Nous souhaitons laisser ce lieu ouvert sur la ville. Afin de créer du lien entre le programme d’habitation et le reste du bourg, une salle commune est conçue. Il permet d’accueillir l’école à proximité pour des ateliers scolaires “hors-les-murs”, les résidents de l’EHPAD et du quartier, pour organiser divers ateliers. Cet espace sera géré par les personnes âgées de la colocation et des associations comme le club photo ou le club d’activités manuelles.
C’est un montage de promotion immobilière privée avec une gestion locative par un exploitant. Cet exploitant pourra proposer un partenariat avec les agences immobilières du centre-bourg avec de faire bénéficier aux résidents de la gestion de leurs propriétés (cf programme annexe).

Image de couverture du projet Pour une ville inclusive  pour bien vieillir demain en ville
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LES ATELIERS DE BERNARD : un lieu évolutif et adaptable

Le site choisi est celui des établissements Bernard pour sa proximité avec la salle communale, la chapelle bientôt rénovée et le lycée. Un site propice à un programme multi-fonctionnel et évolutif.

Les Ateliers de Bernard sont un lieu de 500 m2 de services et 500 m2 d’habitat pouvant accueillir du public sur différentes temporalités : d’événements récurrents à de manifestations ponctuels, en passant par de l’hébergement temporaire. C’est le lieu des possibles, un lieu qui peut offrir une adaptation rapide à des besoins éphémères. Il évolue au fil des usages. Ce lieu peut être financé par l’Office Public de l’Habitat (OPH) de la communauté d’agglomération Évreux Portes de Normandie avec une gestion locative municipale d’utilité publique. Il offre quatre types de services :

Une salle multi-usages, support des activités communales et solidaires
Nous avons fait le choix de réhabiliter le corps de bâtiment donnant sur la rue de Dreux. En effet, construire avec le déjà-là nous paraît essentiel afin d’être support au riche milieu associatif de la commune. Les Ateliers sont ainsi un espace de travail (bureaux, locaux associatifs…), de bar et scène (+ local technique et de stockage), un espace d’ateliers ouverts (cours de cuisine, bricolage, jeune public…). Le lieu s’ouvre sur une esplanade avec un terrain de boule de 150 m2 donnant sur le coeur d’îlot arborée pouvant accueillir des événements extérieurs festifs, comme la Fête de la Patate en septembre, faisant ainsi entrer la ville dans le projet.

Un gîte associatif pour répondre à l’habitat temporaire
La commune ne disposant pas d’hôtel, il était important d’imaginer un dispositif d’accueil temporaire à Saint-André-de-l’Eure. Le gîte se compose de 4 chambres et une salle de bain commune aménagées dans le corps Est du bâtiment rénové. Il est géré par la municipalité et par l’association du Club de la Gaîté afin d’impliquer les retraités. Les chambres sont mises à disposition des habitants pour héberger leurs invités sous la forme de location quotidienne, hebdomadaire ou saisonnière, notamment pour les familles rendant visite à leurs aînés vivant sur la commune. Il est également disponible pour des personnes extérieures. Cela constitue une source de revenus pour une partie des charges du lieu.

Des maisons solidaires : 2+1 et 5+1

Quatre maisons viennent clôturer le lieu dans un esprit “cottage”. Deux d’entre elles sont des “2+1”. Elles sont adressées à un couple de seniors et un actif. Les deux autres, des “ 5+1”, sont dédiées à une famille et un senior ou un actif. Elles font partie du projet d’ensemble.

La 2+1 offre 120 m2 de plain-pied, équipé de deux pièces de 25 m2, l’une dédiée à un actif, l’autre à un couple de seniors. Par le partage de la cuisine et du salon, on crée des liens et de la solidarité entre des personnes qui ne se seraient probablement jamais rencontrées. La 5+1, d’une surface de 150 m2 , est destinée à accueillir une famille avec enfants et un senior ou jeune actif. C’est une maison familiale qui, en intégrant un studio, propose d’autres possibilités de vivre ensemble tout en préservant l’indépendance de chacun. On imagine aisément la multitude de services qu’un foyer d’actifs et un foyer de retraités peuvent se rendre au quotidien, de moments qu’ils peuvent partager, augurant d’un nouveau vivre-ensemble.
Ces maisons bénéficient des dernières technologies de domotique liées au maintien à domicile (ergonomie du logement, dispositifs de préventions des chutes).

Des parcelles à densifier :

Nous laissons la possibilité de densifier le projet entre les maisons en offrant des parcelles à densifier. Afin que le projet dans un avenir proche puisse accueillir d’autre membre dans le dispositif présenté.